Dans l'article "Seitaï, Quésaco (2)?", J'évoquais la notion d'Education Physique, à propos du Seitaï, pour tenter de le définir. Il faudrait ajouter, pour être encore plus clair, que la pratique du Seitaï nous permet de comprendre d'une manière générale, des principes de bases du fonctionnement de l'être humain. Par exemple, l'importance de la respiration, ou de la transpiration, ou encore les différents types de mouvements et leur correspondances avec la colonne vertébrale... De surcroît, cet apprentissage nous permet, en aiguisant la perception de notre corps, de nous familiariser avec notre propre fonctionnement. Ainsi, nos tendances comportementales individuelles, sur les plans physique, physiologique, et psychique nous apparaissent beaucoup plus clairement . De cette manière, nous pourrons plus facilement reconnaître nos besoins et y répondre par l'application des techniques et méthodes appropriées, toujours dans le but de favoriser un meilleur équilibre de notre entité...
Le Seitaï souligne la dimension extraordinaire et insoupçonnée du potentiel naturel de l'humain. Pour celui qui décide de suivre la voie Seitaï, se sera l'occasion de découvrir ce caractère hors du commun. Les nombreux exercices et techniques proposés ont été élaborés pour permettre à l'organisme de retrouver un état naturellement apte à s'adapter à beaucoup de situations qui peuvent sembler difficiles. J'avais évoqué dans un autre article le point "Kano-katten", un point sur les bras et les cuisses qui permet lorsqu'il est stimulé d'une manière précise, de faciliter la cicatrisation de plaies ou de brûlures, en agissant sur le système lymphatique pour nettoyer par l'intérieur ces lésions et éviter les infections. Il existe également le point "Risho-katten" au niveau du ventre, qui à son tour stimulé, aide l'organisme à évacuer les éléments nocifs en cas d'intoxication alimentaire ou médicamenteuse. Un autre point du ventre, "Kanjo yokuatsu katten", à lui un rapport avec l'aspect psychique de notre être et permettra s'il se trouve encore une fois stimulé, d'évacuer des émotions refoulées. La plupart du temps, les troubles de notre organisme sont vécus et compris comme des anomalies pour la plupart d'entre nous, et peuvent faire peur. La vision Seitaï est d'un autre ordre : l'organisme est toujours à la recherche de son équilibre, nous parlons ici aussi bien de l'équilibre physique, physiologique, que psychique. Ce que beaucoup vont appeler les symptômes d'une maladie, nous préférerons appeler ça les réactions naturelles du corps pour chercher à maintenir cet équilibre. Les pratiques Seitaï augmentent sensiblement les capacités naturelles de notre organisme prévues pour maintenir cet équilibre. Par exemple, la fièvre. C'est une réaction naturelle qui diminue la vivacité des virus et autres éléments indésirables, et renforce l'activité du système immunitaire. Dans la plupart des cas, à condition que l'individu soit suffisamment "Seitaïsé", il vaut mieux laisser la fièvre faire son travail pour que l'organisme puisse traverser ce moment certes peu confortable, mais nécessaire. Après la fièvre, l 'individu se sent comme "rafraîchit", car son corps à pu faire son nettoyage. Le rhume, vu sous l'angle Seitaï, n'est qu'un passage normal pour que le corps puisse se réajuster face aux changements climatiques liés aux différentes saisons. Il faut préciser que le rhume d'une personne "Seitaïsée", sera un rhume de petite intensité, qui ne va pas dégénérer ni s'éterniser, parce que son corps aura réagit rapidement à son besoin d'adaptation.
Au Japon, le Seitaï est reconnu par le ministère de l'éducation. Effectivement, c'est une éducation physique globale que propose cette pratique, à travers toute une gamme d'exercices, techniques, méthodes. Nous pouvons donc définir le Seitaï comme une voie d'Education Physique Holistique. Ce n'est pas à la légère qu'il faut envisager de s'engager sur la voie du Seitaï si l'on veut vivre pleinement les bienfaits d'une telle pratique. Les pratiques Seitaï permettent de renforcer et de maintenir le lien intime qui unit notre corps avec notre esprit, en améliorant à la fois notre état physique et mental. Ce nouvel état qui devient le nôtre au fur et à mesure de notre entraînement, transforme bénéfiquement la perception que nous avons de nous même et de notre environnement. Cette voie que nous sommes libres de choisir, ou pas, nous entraîne sur un chemin sans limites. C'est une aventure pleine de surprises et de découvertes qui nous attend sur cette route...
Cette notion de Seitaï provoque chez la plupart d'entre ceux qui n'en ont pas fait suffisamment l'expérience, plusieurs questions : après "qu'est-ce que c'est?" vient souvent "à quoi ça sert?" "qu'est-ce que ça peut bien m'apporter?" Même si on a eu une réponse qui paraît compréhensible sur la définition de ce terme "Seitaï", il n'est pas évident de se représenter concrètement l'apport d'une telle pratique. Dans un premier temps nous pourrions dire que le Seitaï nous permet de ressentir notre vie sur terre avec à notre disposition un microscope et un appareil de vision grand angle... Il devient naturel, au fil du temps et des entraînements, de ressentir les choses, sur un plan personnel, de plus en plus profondément, d'une façon de plus en plus subtile. En même temps, il devient aussi de plus en plus aisé de ressentir notre entourage, notre environnement, avec plus de clarté. Cela ne veut pas dire que nous sommes forcément capables de mieux comprendre les choses comme un dictionnaire nous explique les mots, mais notre perception aiguisée par l'entraînement aux pratiques Seitaï nous apporte une meilleure justesse d'appréciation, une évidence marquante, comme si se révélait à nous les événements, sans filtre pour troubler leur quintessence. Sur le plan mental, il se produit une ouverture de l'esprit. Les convictions que nous avions pu nous forger, parfois à tort, ou à raison, font place à une vision plus large de l'existence, avec des perspectives beaucoup plus étendues. Tout cela peut sembler encore vague comme explication. Alors il serait peut-être bon de donner des exemples concrets. La condition d'un être humain qui n'a pas suivit un entraînement particulier comme celui du Seitaï, ou d'autres disciplines équivalentes, fait que la plupart du temps il agit en lien direct avec ses émotions. Les émotions entraînent trop souvent des illusions, qui ne nous permettent pas d'avoir un regard juste sur ce qui se passe réellement. Allons-y pour un premier exemple : - lorsqu'un objet nous glisse des doigts, si nous nous prenons à deux mains le visage en poussant un cri d'exclamation, l'objet en question aura toutes les chances de se briser sur le sol! Dans ce cas nous pouvons facilement comprendre que c'est la peur, la crainte devant la teneur de l'événement qui a guidé notre réaction. Si au contraire devant une situation de cette nature, nous laissons notre instinct agir comme il se doit, nous pourrons constater qu'avant même d'y penser nos mains vont se saisir de l'objet avant qu'il ne touche le sol. Dans ce deuxième cas, c'est une vision claire de la situation qui nous conduit instinctivement, spontanément, à agir d'une manière adéquate pour éviter le regrettable. Beaucoup des accidents de la circulation, en dehors de ceux liés à une vitesse excessive, ou à l'ingestion d'alcool ou d'autres drogues, sont issus de l'inattention. On circule en voiture, moto, vélo ou à pieds avec tout un tas de pensées qui n'ont rien à voir avec notre déplacement sur la route. On oublie que toute notre attention devrait être focalisé sur l'action de notre trajet routier pour pouvoir éviter un accident, qui parfois peut-être dramatique. Avec la pratique Seitaï, qui nous habitue à être attentif, il devient facile de rester vigilant lors de nos déplacements. Je me souviens avoir éviter à plusieurs reprises des accidents sur la route, dont un qui aurait pu avoir de graves conséquences, car à haute vitesse sur l'autoroute. Des situations à risques nous entraîne facilement vers la panique, alors que celle-ci n'a pour effet que d'augmenter nos chances de subir des désagréments fâcheux. L'entraînement Seitaï permet de percevoir les événements avec plus d'objectivité, sans être perturbé par des émotions qui submergent notre esprit et perturbent notre jugement, et notre réaction.
Au Japon le Seitaï est reconnu par le ministère de l'éducation. Peut-être faudrait-il également demander aux candidats au permis de conduire un niveau minimum requis en Seitaï?!
Avant de développer le Seitaï pour que tout un chacun puisse, s'il le désire, se l'approprier pour son propre épanouissement, Haruchika NOGUCHI était un guérisseur, quelqu'un que les gens allaient voir pour se sentir mieux. On trouve dans le Seitaï des techniques de premiers secours, comme par exemple l'action sur le point dit "kano-katten"(Point Anti-Suppuration). - Cette année, en faisant du bricolage, je me suis accidentellement glissé un morceau de métal sous l'ongle du pouce droit, ce qui évidemment amena une petite lésion sous cet ongle. Trop affairé dans mon entreprise de bricolage, je me contentais de me laver les mains au savon pour reprendre mon travail. Quelques jours plus tard, au réveil, je constatais que mon pouce avait douloureusement gonflé tout autour de l'ongle. Comme j'étais très pris ce jour là, je ne me suis préoccupé de ce pouce que le soir, en ayant enduré toute la journée cette désagréable douleur lancinante. Finalement, je me décidais avant le couché d'appliquer la technique que je connaissais sur ce "kano-katten", un point du bras situé à la base du deltoïde (muscle de l'épaule), sur le côté externe du bras. Le lendemain matin, mon pouce avait presque complètement dégonflé. J'ai continué deux fois par jour, le matin et le soir, à appliquer cette technique, et à la fin de la semaine, il n'y paraissait plus rien. Cette technique stimule le système lymphatique pour que l'organisme se débarrasse des infections de ce genre. Pour les petites brûlures également cette technique est efficace.
En France, comme dans beaucoup d'autres endroits de la planète, le mot Seitaï est très peu connu. Au milieu du 20ème siècle, Haruchika NOGUCHI, le fondateur, avait pu faire connaître d'une façon importante au Japon cette vision sur la vie.
Depuis presque un siècle, le Seitaï a réussi progressivement à traverser les frontières, grâce à un nombre croissant de personnes de tous horizons qui s'y sont intéressés. Certains ont suffisamment assimilé cette pratique pour la diffuser autour d'eux en créant des groupes de pratiquants.
L'ignorance de ce mot, pour la plupart des gens, leur fait forcément se demander ce que cela peut bien vouloir dire lorsqu'ils l'entendent pour la première fois.
Pour les pratiquants du Seitaï également, ce n'est pas facile d'expliquer ce qui est derrière ce mot. La raison en est simple : le Seitaï ne peut se comprendre réellement que par la pratique, donc toute tentative de définition ne peut qu'apporter une explication partielle.
Toutefois, il faut bien essayer de trouver une ou plusieurs définitions à ce terme pour permettre aux individus de s'en faire une idée, et pourquoi pas donner à certains l'envie de s'y essayer!
C'est par la lecture d'un article dans un magazine que j'ai moi-même eu envie de connaître cette pratique.
- Seitaï, qui veut dire "le corps accordé, équilibré, harmonisé", propose différentes techniques, des exercices, qui impliquent toujours une relation intime entre le corps et l'esprit. En restant attentif au corps pendant la pratique, nous renforçons cette relation.
- Le Seitaï nous invite à nous débarrasser de ce qui entrave le bon fonctionnement de notre être, tant sur le plan psychologique, psychique, que physique.
- La pratique du Seitaï consiste à un produire un entraînement dont le but est de stimuler les différents systèmes involontaires qui gèrent l'ensemble de notre corps, pour optimiser l'équilibre dynamique de la vie qui circule en nous.
- Itsuo TSUDA, qui introduisit le Seitaï en France dans les années 1970, disait du "Katsugen-undo", un des exercices essentiels du Seitaï, que c'est un entraînement du système moteur extrapyramidal.
- Pratiquer le Seitaï c'est mettre en oeuvre un contexte favorable à un meilleur élan vital.
- Le point de vue du Seitaï souligne l'immensité du potentiel humain, individuellement et collectivement. Le Seitaï nous propose alors de saisir l'opportunité de découvrir à quel point ce potentiel peut être vécu, pour soi, et en interaction avec les autres...
Chaque séance de Seitaï commence et se termine par le salut. Le mot "salut" vient du latin "salus"qui veut dire "salubre" ou "santé". Le salut tel que nous le pratiquons avec le Seitaï, comme dans d'autres disciplines ou cultures traditionnelles, s'exprime par une inclinaison du buste. Cette inclinaison du buste entraîne forcément une expiration, et le retour de ce mouvement, lorsque nous nous redressons, amène une inspiration. Nous pouvons maintenant comprendre facilement que lesalut est une respiration! Itsuo TSUDA, qui a écrit dans les années 1970, neuf livres en français sur le vaste sujet du Seitaï, leur a tous donné le sous-titre de : "école de la respiration". Du point de vue Seitaï, il est essentiel d'avoir une respiration fluide, qui pénètre facilement et profondément à travers tout le corps pour bénéficier d'un bien être et d'une santé digne de ce nom. La respiration ne se limite pas à l’absorption de l'oxygène dans les poumons, mais entraîne une dynamique de tout le corps, qui permet au "ki" de circuler dans l'organisme pour assurer son fonctionnement de la meilleure manière qui soit. Le "ki", ce souffle de vie qui nous anime, profite de la respiration pour nous pénétrer. Le ki passe en nous, mais circule également entre les individus. Nous sommes reliés les uns aux autres par le ki. En se saluant mutuellement, nous accentuons cette connexion par le ki! En acceptant ce principe, il devient évident de considérer que le salut n'est pas quelque chose qu'il convient de prendre à la légère, si toutefois nous tenons à apprécier les bienfaits de ce geste "salutaire"!
Haruchika Noguchi, fondateur du Seitaï au début du XXème siècle au Japon, parlait à propos de l'état d'esprit qui doit animer le pratiquant de Seitaï, de l'état de "Tenshin". C'est un état de l'esprit qui l'emmène dans "le cœur du ciel pur". Cela veut dire que l'esprit n'est plus perturbé, encombré, parasité par les pensées qui s'accrochent et qui ont tendance à nous éloigner d'une ambiance où l'esprit peut connaître une plénitude, un retour à son état originel, une pureté sans tâches. Pour atteindre ce niveau de pureté, il faut aller vers ledépouillement. Itsuo Tsuda, qui introduisit le Seitaï en France et en Europe à partir des années 1970, commença à cette époque à écrire en français une oeuvre en 9 volumes sur le vaste sujet du Seitaï. En 1975, il donna à son deuxième tome le titre de "La voie du dépouillement". Dans la vie que nous connaissons d'ordinaire, nous accumulons au fil des ans tout un tas de "matières" dans notre esprit : des convictions, des conditionnements, des points de vues plus ou moins figés, des peurs ou des angoisses, etc... Toutes ces matières forment comme des "couches" superposées, qui peuvent être des freins pour celui qui cherchent à garder l'esprit libre et ouvert. Dans l'exercice du katsugen-undo, cet exercice pendant lequel le corps réagit par une expression dynamique et autonome, exercice déjà évoqué dans d'autres articles, il faut absolument atteindre un état d'esprit qui se rapproche le plus possible du "Tenshin". Pour cela, il faudra que l'individu se dépouille de toutes idées préconçues sur ce qui va se passer pendant le katsugen-undo, qu'il se dépouille de toutes intentions, de toutes volontés. Quand l'esprit sera suffisamment "dépouillé", il aura atteint un degré de pureté qui permettra au corps de se libérer pour entreprendre ce travail de réajustement que l'on appelle dans le Seitaï, le katsugen-undo. Itsuo Tsuda appelait le katsugen-undo : "mouvement régénérateur". Le sommeil possède lui aussi cette fonction régénératrice. On parle de sommeil réparateur. Le problème est que l'être humain à tendance à perdre cette capacité régénératrice du sommeil, parce que le sommeil est trop perturbé par l'agitation excessive de l'esprit. Nous avons tendance à mettre des "masques", des "accoutrements" en fonction des rôles que nous nous sentons obligés de jouer dans les sociétés qui nous entourent. Nous pensons que ces masques vont nous permettre de bien figurer, d'atteindre des objectifs prédéfinis, pourquoi pas?! je n'en sais trop rien... Mais en ce qui concerne l'essence de la vie qui circule en nous, si nous voulons lui permettre de s'épanouir en nous, il faut absolument enlever ces masques qui ne sont que des entraves pour notre bien être. Il faut donc laisser apparaître cette nature profonde qui peut nous guider vers un équilibre bienfaisant, en se dépouillant de toutes matières superflues! C'est ainsi en tout cas que j'ai compris l'esprit Seitaï : un esprit clair, limpide, ouvert et libre!...