vendredi 29 mai 2020

Inspirer par la colonne vertébrale

Seitaï
Dans l'article précédent, "routine de stimulation des pieds", est évoqué la technique d'inspiration par la colonne vertébrale.

Rappelons d'abord que le Ki, source vitale, profite de la respiration pour circuler dans notre corps, en passant par l'intérieur de la colonne vertébrale, dans le canal d'épendyme, pour se diffuser à travers tout l'organisme en passant par les nerfs.

Cette technique d'inspiration dans la colonne vertébrale consiste, au moment de l'inspiration, à être très attentif à ce qui se produit à l'intérieur et tout le long du rachis.
Une difficulté est de faire attention à ne pas intervenir sur le déroulement de l'inspiration pendant qu'elle se produit, c'est à dire à ne pas allonger ou forcer sur l'inspiration, mais au contraire la laisser se faire en toute liberté, sans être "déformée" par notre volonté.

Il est connu qu' Haruchika Noguchi, le fondateur du Seitaï, avait très souvent recours à cette technique, pour lui-même, car il était si occupé avec son travail pour les autres, qu'il n'avait plus beaucoup le temps de pratiquer tous les exercices qu'il avait élaboré.
En un instant, il pouvait de cette façon accentuer très fortement la circulation du Ki dans la colonne, et se libérer des tensions qui s'étaient accumulées.

En utilisant cette technique, il se produit très souvent un phénomène de mouvement dans la colonne, qui peut faire "claquer" une ou plusieurs vertèbres, un peu comme lorsque l'on se fait manipuler par un chiropracteur ou un ostéopathe, à la différence que la force qui permet ce résultat ne provient pas d'un intervenant extérieur, mais de l'intérieur de notre propre corps !

Une autre différence avec les manipulations que l'on peut subir de la part d'un praticien, c'est que celui-ci va profiter du petit temps mort à la fin de notre expiration pour exercer sa technique, parce que c'est le court moment où notre corps est le plus "vulnérable".
Dans la technique d'inspiration par la colonne, c'est au contraire au moment de l'inspiration, quand le corps se contracte naturellement, que les effets se produisent.  
C'est toujours très agréable, libérateur.

Cette technique peut être appliquée pendant les bâillements et les éternuements :
Au moment de l'inspiration, si nous laissons une totale liberté de mouvement à la colonne vertébrale, elle va prendre la forme d'un arc (une hyper-extension) ce qui peut provoquer ces "claquements vertébraux" tout le long de la colonne, de la nuque jusqu'au sacrum. De cette façon, les éternuements n'impliquent plus forcément l'expulsion qui suit l'inspiration, quand le souffle se projette brutalement.
Nous pouvons alors conclure que le réflexe d'éternuement, communément provoqué par une excitation de la muqueuse nasale, peut aussi être provoqué par la nécessité pour la colonne vertébrale de se libérer des tensions excessives.      

mercredi 27 mai 2020

Routine de stimulation des pieds



Seitaï



Les pieds sont trop souvent négligés, oubliés, contrariés par des journées passés à l'intérieur de chaussures pas toujours confortables. Pas facile pour nos pieds de toujours bien respirer.

L'expression "avoir déjà un pied dans la tombe", peut nous encourager à prendre soins de nos pieds !

Je vous propose une routine de stimulation des pieds, qui a également pour objectif de ressentir l'état général de ces derniers :

Assis, les jambes étendues devant soi, les deux pieds écartés à la largeur du bassin. Pieds parallèles.

En introduction, essayez de faire "le petit éventail", c'est à dire essayez d'écarter les orteils, sans toutefois les ramener pliés vers soi.
Ensuite c'est "le grand éventail", qui consiste à écarter également les bras, les doigts, et "inspirer par la colonne vertébrale*", avant de rester un instant en rétention du souffle tout en maintenant sa position, puis relâcher le souffle et la posture.
Essayez toujours de ressentir les effets que cela vous procure. Donc faire, et ressentir ce que vous faites. Restez attentif à chaque instant.

- Puis, vous allez poser la jambe gauche sur la cuisse droite (jambe gauche plus haut que le genou droit), de manière à pouvoir tourner votre pied gauche avec la main droite, pour solliciter l'articulation de la cheville gauche.
Au moins 20 tours de pieds dans chaque sens, et pour chaque pied.
N'oubliez pas de toujours rester attentif à vos sensations, particulièrement à ce que vous sentez dans vos chevilles.
Effectuez les mouvements ni trop rapidement, ni trop lentement, fermement mais sans force excessive (n'allez pas détacher votre pied !).

- Ensuite, ce sont les tapotements sur toute la surface des pieds :
Commencez avec le pied gauche (la cheville gauche est posée sur la cuisse droite : toujours plus haut que le genou droit).
Les tapotements s'effectuent avec les deux points fermés (fermés sans être trop serrés) aux niveaux des articulations entre les premières et deuxièmes phalanges.
Les tapotements s'effectuent d'abord sur les bouts des orteils, puis vers les racines des orteils, et progressivement sur toute la surface du pied, dessus, dessous, jusqu'au talon, sans oublier les côtés des pieds.

- L'étape suivante consiste à faire jouer les articulations des orteils, dans tous sens. Il y a 14 articulations par pied : 2 pour le gros orteil, et 3 pour chacun des quatre autres orteils.
Commencez avec le pied gauche.
Avec les deux mains en même temps, tournez les orteils dans tous les sens, toujours attentif à vos sensations, et toujours ni trop lentement ni rapidement.
Vous pouvez insister davantage sur les gros orteils, si vous souhaitez agir pour vous soulager l'esprit d'un poids encombrant. En effet, les gros orteils sont reliés avec l'activité cérébrale : quand il y a trop de choses qui tournent et stagnent dans la tête, les gros orteils ont tendances à se raidir.
Cette remarque est valable aussi pour les pouces des mains.

- La suite de notre routine nous amène à prendre une jambe (commencez avec la gauche), pour la secouer au dessus du sol, avec le pied correspondant complètement relâché, de façon à ce que le pied soit vigoureusement secoué verticalement, ceci ayant pour but d'agir sur le tendon d'Achille.
Les tendons d'Achille, eux aussi ont tendances à se raidir quand nous sommes contrariés par une charge trop présente au niveau de notre esprit. Nous allons de la sorte favoriser un relâchement des tendons d'Achille pour évacuer la surcharge présente dans la tête.
Pendant que vous secouez le pied gauche, celui-ci doit être placé sur la gauche de votre cuisse droite. Quand vous secouez le pied droit, celui-ci doit être à droite de la cuisse gauche.
Donc les jambes ne se croisent pas pendant ce mouvement.

- Enfin, comme il a déjà été fait au départ, vous allez à nouveau effectuer "le petit éventail", puis "le grand éventail", en essayant de comparer les sensations maintenant avec ce que vous avez ressenti lors de la première exécution de ces deux mouvements.

J'ajouterai qu'il convient pendant tout le temps de cette routine, de garder une posture convenable avec son buste, c'est à dire ne pas s'avachir. Garder le buste plutôt vertical.
Attention à ne pas tomber dans le piège de vouloir trop bien faire, et alors d'être trop raide. C'est toujours une question d'équilibre, de juste milieu.

Je vous invite à pratiquer cette routine aussi régulièrement que possible, l'idéal étant chaque jour...

* voir l'article suivant : "Inspirer par la colonne vertébrale"

mardi 19 mai 2020

Virus, hygiène, éducation.

Seitaï
Tout le monde a donné son, ses avis sur cette crise mondiale inédite actuelle.
Pourrais-je me permettre de donner le mien ?
Contentons-nous de tenter d'exprimer le point de vue Seitaï sur cette situation.

Mais d'abord, j'aimerais revenir sur ce qui était dit, en France, par les médias au tout début de la découverte de ce virus :

Une partie importante de la population n'avait pas l'habitude de se laver les mains régulièrement, il fallait que ces gens là apprennent à changer leurs habitudes pour satisfaire un principe de base sanitaire.
Je me souviens pourtant que pendant mon enfance, autour des années 1970, mes parents nous avaient appris qu'il fallait se laver les mains au savon avant chaque repas, et après chaque passage aux toilettes.
Si nous comptons 3 repas quotidiens, et 4 ou 5 passages aux toilettes par jour, nous arrivons déjà à 7 ou 8 lavages des mains journaliers.
Il y aurait des individus qui seraient en dessous de ce nombre ? Incroyable, mais vrai semble-t-il !

Pendant tout ce temps, nous avons souvent entendu que les effets du virus dépendaient de la réponse du système immunitaire de chacun.

Comme évoqué précédemment dans plusieurs articles, les différentes pratiques Seitaï ont justement comme effet de stimuler le système immunitaire, comme toutes les fonctions autonomes de notre organisme.
Il existe par exemple des Taïssos spécifiques : les "Lympha-taïssos," qui ciblent le système lymphatique et agissent par conséquence sur le système immunitaire.

Un exemple vidéo de "Lympha-Taïsso" :




Les pratiques de "Yuki" ou "Katsugen-undo" ont également un effet bénéfique sur le système immunitaire.

Si au Japon le Seitaï est reconnu par le ministère de l'éducation, c'est parce que cette pratique porte en elle un intérêt incontestable pour l'épanouissement des individus qui ont choisi cette voie.

Un apprentissage, même basique, du Seitaï dans nos écoles ne serait-il pas alors bienvenu ? 



dimanche 13 janvier 2019

Développer la circulation du Ki

Seitaï
Développer la circulation du Ki, pour nous même (Katsugen-undo, Gasshô Gyô-ki,...) ou avec un ou plusieurs partenaires (Yuki, Tetsunage,...), est une capacité naturelle que nous pouvons par l'entraînement améliorer.

En soulignant cet aspect naturel du Ki, cela implique que du point de vue Seitaï, jouer avec le Ki n'est pas un pouvoir comme il en est question parfois dans les arts martiaux, ou pour faire une démonstration spectaculaire d'un don qui serait l'apanage de quelques rares individus.

Pour développer cette circulation du Ki, il faut donc garder à l'esprit l'omniprésence du Ki.
En acceptant cette omniprésence, il suffit alors de se placer dans un état d'accueil vis à vis du Ki.
Accueillir à bras ouvert le Ki, comme nous le ferions pour recevoir un être cher chez soi.
Ouvrir son esprit, son corps, son être entier.

L'esprit d'ouverture nécessaire pour permettre une circulation pleine et fluide du Ki, nous amène à comprendre qu'il n'est pas utile de montrer de la force pour favoriser la circulation du Ki.

C'est plutôt en se libérant du poids de notre ego que le Ki pourra s'exprimer, grandir, et illuminer notre personne.

La Force du Ki, est une force sans force.

Quand nous tenons quelqu'un par la main, quand un croyant joint ses mains pour faire une prière, il n'y a aucune notion de force qui entre en jeu, et pourtant une grande force s'exprime alors.


lundi 31 décembre 2018

Respirer et contempler !

Seitaï
Pour finir cette année 2018, à la veille de 2019, j'aimerais souligner l'importance de la respiration et de la contemplation :

Nous avons déjà évoqué le fait que respirer ne se limite pas à inspirer de l'air pour en récupérer l'oxygène grâce à nos poumons.
En effet, l'organisme dans son ensemble participe à la respiration.
Le ki profite de cette circulation pour passer dans notre corps et lui faire bénéficier de cette source vitale.

Pendant des frissons, ou un bâillement, nous pouvons facilement ressentir dans tout notre corps le parcours et les effets de la respiration.

Avec l'habitude de l'attention, il peut être facile de ressentir le parcours de la respiration dans l'ensemble du corps, à tout moment, même sans bâiller ou frissonner.
L'intérêt d'être conscient du passage du ki avec la respiration est que cela facilite la fluidité de cette circulation.
Il y a donc une synergie entre l'attention portée sur ce phénomène de respiration et la qualité de sa circulation.

Nous comparons souvent pendant les séances d'entraînement la circulation de la respiration et du ki, avec le va et vient de l'eau sur une plage en bord de mer.
Lorsque l'eau se retire, c'est comme une inspiration.
Quand le flot s'abat sur le sable, c'est l'expiration.

Si nous nous laissons absorber par cette image, nous pouvons atteindre un état de contemplation de ce phénomène.
Dans ces conditions, nous pouvons en ressentir un bien-être profond.
Ce qui permet cet état bienfaisant, c'est le fait que l'esprit se libère de tout ce qui l'encombre.
Focalisé sur cette contemplation, l'esprit est soulagé de son trop plein. Alors l'esprit et le corps flotte ensemble dans une ambiance agréable !

    




dimanche 17 septembre 2017

Développé au 20ème siècle, pour le 21ème siècle!

Seitaï

C'est au début du 20ème siècle qu'est né Haruchika NOGUCHI, le fondateur du Seitaï, au Japon.

Mais c'est peut-être au 21ème siècle, je l'espère, que cette pratique trouvera un public élargi, à travers le monde...





Je me souviens d'une réflexion faite par le pédiatre de mes enfants il y a une dizaine d'années, quand je lui faisais part du point de vue Seitaï sur la fièvre. Point de vue selon lequel il vaut mieux, d'une manière générale, ne pas entraver une fièvre, puisque celle-ci permet à l'organisme de mieux se défendre contre les virus et autres éléments pathogènes.
La réponse de ce médecin fut qu'effectivement, la fièvre stimule l'activité du système immunitaire, et diminue celle des virus et bactéries indésirables.
Nous étions donc d'accord, mais le docteur soulignait que la plupart des gens, y compris dans le milieu médical, n'étaient pas prêts à accepter cette attitude, notamment à cause de la peur des convulsions et de ses conséquences chez les jeunes enfants, qui est trop forte pour prendre ce risque, même si les cas dangereux sont très rares, et qu'on peut les voir venir et agir en conséquence.

Le médecin concluait que c'est de la médecine du futur dont je lui parlait à présent!...

Laisser l'organisme gérer son travail de défense, c'est lui permettre d'améliorer sa capacité naturelle de défense.
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut jamais rien faire pour rester en bonne santé bien sûr!
Il existe un grand nombre de techniques et pratiques Seitaï pour aider le corps à mieux faire face à toutes les agressions et difficultés que nous pouvons rencontrer...

La technique de la serviette chaude et humide, les "Taïssos" (exercices spécifiques qui stimulent une partie ciblée de l'organisme), le "Katsugen-Undo", que nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises dans les articles précédents, etc...

Un large éventail s'offre à nous pour notre bien être avec le Seitaï.
C'est toujours dans l'intention de stimuler notre corps, pour lui permettre de mieux répondre à ses besoins, et développer sa capacité d'autonomie que nous pouvons pratiquer, si nous le souhaitons, ce qu'a enseigné NOGUCHI Senseï, et d'autres après lui...

J'espère que ce 21ème siècle verra les consciences s'ouvrir au vaste horizon d'espoir et de liberté que propose cette fameuse pratique Seitaï!...
   

Connaissances et Reconnaissances

Seitaï
Notre éducation d'êtres humains modernes nous amène à accumuler beaucoup de connaissances. Chacun peut essayer de faire le tri de tout ça pour se faire des opinions, des convictions, des croyances, des réflexions, etc...

Ce que nous propose la pratique du Seitaï, c'est d'apprendre à reconnaître plutôt que de connaître.
Il existe des connaissances très vastes sur le fonctionnement de la vie humaine que souligne le Seitaï, mais pour que le pratiquant puisse réellement évoluer sur cette voie, il lui faudra développer sa capacité de reconnaissance...

Reconnaître, c'est aiguiser sa sensibilité pour capter et comprendre directement ce qui se déroule en nous.
Comprendre directement, c'est à dire sans passer par les filtres que peuvent constituer nos connaissances. Alors, il faut faire l'effort de se débarrasser de ses connaissances, pour accueillir, par une attitude d'ouverture, les phénomènes qui constituent la manifestation de cette vie qui coule en nous.
Vaste programme peut-on penser? Certes, mais des exercices simples que suggèrent le Seitaï permettent aux pratiquants de se lancer et d'avancer dans la découverte de ce qui fait leur vie...